Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 17:59

Extrait de la quatrième de couverture : Camarade lecteur, amie lectrice, heureux de te retrouver. Franchement, si on m'avait dit que l'on se reverrait un jour, toi et moi. Bon, tu sais comment les choses se passent. Je ne vais rien t'apprendre. Entre notre date de naissance et notre date de décès, il y a quelques moments dingues, des mauvaises passes et puis tout le reste. J'ai retiré tout le reste pour t'offrir rien que des moments dingues et des mauvaises passes. Et des moments dingues, aussi. Et des mauvaises passes. Et ainsi de suite. Bien à toi. NR

Mon avis : On va croire que je ne lis que des bons livres, vu qu'en ce moment, mes articles sont plutôt élogieux envers les auteurs que je croise au fil de mes lectures... Pourvu que ça dure, qu'il y ait encore autant de pétites que celle que je viens de finir de lire. Ce roman, assez court, de Nicolas Rey, ne peut pas laisser insensible. Je pense qu'il y aura autant de gens charmés par la poésie de son écriture, par la légèreté et l'humour qu'il met à raconter son "léger passage à vide" comme il le nomme, que de gens agacés par son style. Un exemple de ce côté caustique : chapitre intitulé "Un dîner chez un panda lumineux" , le neuvième du roman où Nicolas Rey nous fait enfin partager son projet d'écriture, quelque peu autoboiographique semble-t-il... Déjà, ce titre de chapitre est tout un poème d'humour, de tendresse et de poésie, pour moi ; ensuite l'auteur-narrateur nous évoque le titre de son roman de la sorte : "Je m'appelle Nicolas Rey. J'ai connu un léger passage à vide entre onze et trente-cinq ans." Sans entrer dans une explication de texte, ce passage est déjà annonciateur du ton général du livre, dans lequel le narrateur se montre tour à tour, mauvais mari, père surprenant, euphorique, alcoolique, drogué, angoissé, charmeur, geignard, etc. Si les passages sur sa consommation de stupéfiants et autres substances plus ou moins licites peuvent sembler exagérées, proches d'un lyrisme Beigbederisant ( j'adore Biegbeder, d'autres non, donc je précise...), comment ne pas voir la beauté de ses mots, leur douceur lorsqu'il évoque Marion ou Hippolyte ? Comment ne pas se sentir mal, quand l'"agent Sterling", alias, la psy du centre de désintox, demande au narrateur de s'ouvrir un peu, non pour lui mais pour son fils, en lui rappelant le poids des névroses parentales sur les enfants :
"A la fin, votre fameux jardin risque de peser lourd sur ses petites épaules."
En résumé, une fort jolie lecture, un zeste de lumière comme du whisky lors d'un crépuscule écossais...

Par lili
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /2010 19:32

Extrait de la quatrième de couverture : On connaissait le mot de Cambronne... voici celui d'Arièle
Butaux. Avec une férocité bienveillante, Connard ! s'immisce dans les alcôves de trois inséparables chipies : Caroline, cascadeuse de l'amour touchée par le syndrome Ikea; Florence, jeune divorcée radieuse; Elise, sage épouse et mère tentée par le démon de midi. Toutes trois sur le point de lui dire, à ce démon, le mot de sept lettres qui leur brûle les lèvres... Les déboires des un(e)s faisant bien souvent le bonheur des lecteurs(trices), on ne résistera pas à la curiosité de s'inviter à dîner chez d'ex-beaux-parents, au plaisir régressif d'aller chercher au pressing une robe de mariée périmée, au voyeurisme de partager une nuit d'amour entre une boîte de boules Quiès et une urne funéraire... Car rien ne marche comme il faut dans ces parades amoureuses boiteuses où, du prêtre au serial killer, le mâle déboussolé ressemble à une énigme pour cruciverbiste: "Condamné à vivre dans le noir" A-V-E-U-G-L-E ? Non: C-0-N-N-A-R-D !

Mon avis : Un super bouquin !  Que du plaisir : des nouvelles rythmées, voyageant entre les genres, tour à tour romantiques, drôles, tristes, et même policières. Les trois héroïnes ne sont pas des dindes telles qu'elles peuvent parfois apparaître dans les romans féminins, ce sont des filles normales, parfois fragiles, parfois futiles, souvent inquiètes ou fragiles. Arièle Butaux écrit avec un style très agréable, simple, efficace et parsème les pages de quelques perles, dont je vous livre celles que j'ai trouvées les plus savoureuses :
" Certaines personnes se mentent tellement qu'elles regrettent d'avoir obtenu ce qu'elles croyaient désirer."
"Peau sèche, varices en plan de métro, chairs vaincues par la pesanteur, l'été tombe sur cette femme avec son cortège de petites horreurs."
La nouvelle "Ainsi soit-il", est un trésor de cruauté mentale, de manipulation... J'ai dû relire plusieurs fois la fin de cette nouvelle à chute tellement j'ai été soufflée par la révélation ( disons que j'étais en telle empathie avec l'héroïne que j'ai eu du mal à en croire mes mirettes ). "T'es où "est à la fois drôle et romantique et je pense que beaucoup d'entre nous se reconnaîtront dans cette femme amoureuse, dans les doutes des premiers jours, qui perd la tête et se perd en imaginant le pire.
"Souvenirs" fait vraiment froid dans le dos, tout comme "Un signe du destin";
Bref, je recommande chaudement ce livre à toutes et à tous !

Par lili
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /2010 11:13

Extrait de la quatrième de couverture : Badlands, le quartier le plus désolé de Philadelphie, un ramassis d'espoirs déçus, de rêves brisés, d'existences détruites. C'est là, dans un appartement insalubre, que l'on découvre le corps d'une jeune femme, minutieusement disposé dans une mise en scène macabre. Lorsqu'un homme téléphone à la police pour revendiquer le meurtre, celle-ci, venue l'appréhender, ne découvre qu'un coeur humain et un message crypté. Ludus : " jeu ", en latin. Telles sont les cinq seules lettres dont vont disposer Byrne et Balzano pour tenter de comprendre les agissements d'un meurtrier pervers, machiavélique et diablement joueur. Car c'est bien d'un jeu macabre qu'il s'agit, le tueur mettant en place un méticuleux puzzle mortel, inspiré d'un casse-tête chinois millénaire, dont seule la résolution peut conduire à l'homme qui se cache derrière ces atrocités. L'homme qui a pris Badlands comme terrain de jeu. L'homme qui dicte les règles. Richard Montanari conduit les inspecteurs Byrne et Balzano dans le monde des obsédés du jeu, des puzzles et des énigmes, et poursuit son implacable portrait de Philadelphie. Avec cette nouvelle enquête, à la fois sombre, ludique et passionnante, qui ravira tous les amateurs de manipulation, il nous donne, après Déviances, Psycho et Funérailles, un nouveau chef-d'oeuvre du genre.

Mon avis : J'ai, par le passé, essayé de lire des romans de Richard Montanari, mais je m'arrêtais devant la violence des crimes, ou le côté très glauque des scènes d'ouverture. En bref, je suis une peureuse ! J'étais donc un peu réticente à l'idée de lire celui-ci, mais les avis des gens qui l'avaient lu autour de moi, et la lecture des premières pages m'ont convaincue de tenter une dernière approche avec Montanari, malgré le commentaire de James Ellroy sur la première de couverture : " Cauchemardesque! "... J'ai adoré ce roman, dans lequel je suis entrée dès les premiers chapitres, l'intrigue est efficace, les personnages attachants, autant du côté des policiers que du côté des victimes. L'enquête est menée sans fausse note, les crimes sont pervers, mais ont un côté "ludique" ( vous comprendrez pourquoi en le lisant... ) qui est assez plaisant ! On se prend à imaginer les mises en scènes du tueur, on visualise d'ailleurs très ( trop ?) facilement les crimes. Le thème des snuff movies est abordé, mais je regretterais presque qu'il ne soit pas davantage développé dans l'intrigue.
J'avoue avoir été agacée par les références explicites à The Game ou à 7 ( forcément, on y pense, dès le titre ! ) dont il est question sur la quatrième de couverture. C'est un tic des éditeurs qui m'énerve un peu, cette tendance à rapprocher des oeuvres à d'autres qui ont connu de grands succès.
En bref, je crois que je vais mettre à profit les jours de repos qui viennent pour retenter de lire les autres romans de Montanari !

Par lili
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /2010 17:18

n espérez pasdExtrait de la quatrième de couverture : Le gai savoir : rarement l'expression nietschéenne se sera aussi bien appliquée qu'à ce livre... sur les livres ! Du papyrus au fichier électronique, nous traversons cinq mille ans d'histoire du livre à travers une discussion à la fois érudite et humoristique, savante et subjective, dialectique et anecdotique, curieuse et goûteuse. On y parcourt les temps et les lieux, les personnes réelles s'y mêlent aux personnages de fiction, on y fait l'éloge de la bêtise, on y analyse la passion du collectionneur, les raisons pour lesquelles telle époque engendre des chefs-d'oeuvre, la manière dont fonctionnent la mémoire et le classement d'une bibliothèque. On y explique pourquoi " les poules ont mis un siècle pour apprendre à ne pas traverser la route " ou comment " notre connaissance du passé est due à des crétins, des imbéciles ou des adversaires ". Bref, on s'y amuse de la " furia littéraire " de deux passion-nés qui nous entraînent dans leur folle farandole dont chaque tour surprend, distrait, enseigne. En ces temps d'obscurantisme galopant, c'est peut-être le plus bel hommage qui se puisse imaginer à la culture de l'esprit, et l'antidote le plus efficace au désenchantement.

Mon avis sur ce livre : un pur bonheur ! Merci à la personne qui m'a offert ce bijou ! C''est le genre de livres que j'aimerais trouver plus souvent en librairie : c'est intelligent sans être ennuyeux, érudit sans être pédant, drôle sans être cynique... Je ne l'ai pas lu d'une traite, non, j'y ai puisé quelques bons moments de détente et de plaisir, après une journée éprouvante, ou dans des moments de doute ou de tristesse. J'y ai découvert quantité de choses, sans avoir l'impression d'être ignorante. Les auteurs réussissent le tour de force de parler des livres, tout en évoquant des sujets comme la peine de mort,la lâcheté ordinaire, le pouvoir, mais aussi la bibliophilie, la philologie, etc. Je me suis délectée du chapitre sur la bêtise dont le propos n'avait rien à envier aux textes de Flaubert. On y apprend aussi des anecdotes sur le travail de l'écriture, avec Eco, sur le milieu du cinéma et du théâtre grâce à Carrière ; la complicité entre les deux hommes est tellement évidente et leur conversation si bien menée, qu'il arrive qu'on n'ait pas l'impression de lire un livre, mais de participer à une conversation de facto.

Une petite citation de Carrière sur l'addiction à la lecture et ses conséquences : "Le but, ce n'est pas de lire à tout prix, mais de savoir que faire de cette activité et comment en tirer une nourriture substantielle et durable. Est-ce que les amateurs de lecture rapide goûtent véritablement ce qu'ils lisent ? Si vous faites l'économie des longues descriptions dans Balzac, est-ce que vous ne perdez pas précisément ce qui fait la marque profonde de son oeuvre ?"

Par lili
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Lundi 1 février 2010 1 01 /02 /2010 17:42

la bible de DarwinExtrait de la quatrième de couverture : Breslau, août 1945. Dans les décombres du IIIe Reich agonisant, un physicien allemand porteur des résultats des recherches ultrasecrètes menées pour Heinrich Himmler, le tout-puissant chef de l'ordre noir SS, fuit l'avancée soviétique. Aujourd'hui, quelque part dans l'Himalaya Au Népal, les moines d'un monastère bouddhiste ont été décimés par un mal inconnu. Sur place, Lisa Cummings, médecin, et Painter Crowe, agent de la Sigma Force, découvrent un cauchemar : les moines semblent avoir sombré dans la folie, le meurtre, et le cannibalisme. Au même moment, à Copenhague. L'exemplaire de la Bible ayant appartenu à Charles Darwin doit être mis aux enchères et déchaîne une lutte meurtrière pour sa possession. Quel secret recèlent ces pages soigneusement annotées ? Et quel lien peut-il y avoir entre Darwin et un laboratoire troglodyte en Pologne, oublié depuis 1945 ? Soixante ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les monstres dont rêvaient d'accoucher les maîtres du IIIe Reich sont sur le point de voir le jour...
Mon avis : J'ai beaucoup aimé ce roman, même si je reconnais que l'étendue plutôt limité de mes connaissances scientifiques a été un frein dans ma lecture. Certes, ce n'est pas un polar scientifique, mais il est quand même souvent question de théories scientifiques, de physique quantique, de neutrons, protons et autres sales bestioles qui expliquent pourquoi je me suis dirigée dans une filière littéraire !
L'aspect historique, avec la référence aux nazis et aux thérories eugénistes, ainsi que les allusions aux runes et aux cultes nordiques m'ont fait penser à plusieurs reprises à Anges et démons, de Dan Brown, que j'avais particulièrement apprécié.  De nombreux aspects et thèmes développés dans ce roman, d'ailleurs, m'ont fait penser aux bouquins de Dan Brown : le créationnisme, l'évolution, les aspects scientifiques, renvoyaient dans ma mémoire, à Forteresse Digitale. Rollins distille trois histoires en apparence lointaines : au Danemark, aec un bibliophile et une kleptomane, au Népal avec des scientifiques, puis dans une réserve étrange en Afrique du Sud, chasse gardée d'Afrikaners puissants...
Un regret, néanmoins, subsiste, celui de ne pas être plus calée en sciences, car malgré tout, ma compréhension et mon plaisir en ont un peu souffert. Bref, un bon roman, quoiqu'un peu long et versant parfois dans des clichés ou des scènes téléphonées, mais je ne peux en dire plus sans dévoiler d'intrigues...

Par lili
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus