La vie d'une autre, de Frédérique DEGHELT
Extrait de la quatrième de couverture : Marie a vingt-cinq ans. Un soir de fête, coup de foudre, nuit d'amour et le lendemain... Elle se retrouve douze ans plus tard, mariée, des enfants et plus un seul souvenir de ces années perdues. Cauchemar, angoisse... Elle doit assumer sa grande famille et accepter que l'homme qu'elle a rencontré la veille vit avec elle depuis douze ans et ne se doute pas du trou de mémoire dans lequel elle a été précipitée. Pour fuir le monde médical et ses questions, elle choisit de ne rien dire et devient secrètement l'enquêtrice de la vie d'une autre. Ou plutôt de sa propre vie. C'est avec une énergie virevoltante et un optimisme rafraîchissant que Frédérique Deghelt a composé ce roman plein de suspense sur l'amour et le temps qui passe, sur les rêves des jeunes filles confrontés au quotidien et à la force des choix qui déterminent l'existence.
Mon avis : Gros, gros, gros coup de coeur, dévoré en quelques heures. Ce roman vous prend comme un thriller, dès le début, on se demande ce qui a bien pu arriver à Marie pour qu'elle se réveille 12 ans plus tard, dans les bras de celui qu'elle vient de quitter, d'après elle, après une nuit d'amour et qui se révèle être son mari. Elle se découvre aussi mère de trois enfants. Après un moment de panique, elle cherche des réponses à ses questions et se lance dans une enquête sur l'inconnue dont elle habite le corps. On se doute que quelque chose de grave doit être à l'origine de cette amnésie, on cherche, on lance des pistes, comme Marie, on rebrousse chemin... Elle va se mettre à la recherche d'un cahier dans lequel elle trouverait peut-être un semblant de réponse à ses questions... Elle trouvera un cahier, mais qu'en sera-t-il des réponses ? Je n'en dévoilerai pas plus, mais je vous livre quelques extraits pour vous mettre en bouche :
p 14 : "Hier soir, nous étions encore 1988. Jeudi 12 mai. Un jour de décalage. C'est noir sur blanc et ça veut dire que 12 années se sont écoulées."
p 132 : "J'ai toujours peur quand je me retrouve seule avec Pablo. Je suis traversée par le désir de continuer l'histoire écrite par une autre, tout en me l'appropriant, mais il y a toujours une question qui me taraude. Qu'est-ce que je fous là ? Suis-je à ma place ? Et cette question, je ne me la pose jamais quand je suis avec les enfants."
p 208 : "Les romans sont pleins de ces amoureux fusionnels qui se loupent et ne s'aiment qu'en se détruisant et nous les lisons avec une avidité de noyés... Est-ce parce qu'ils nous ressemblent tant ? "
Bref ce roman parle de l'amour, du couple, de l'amour qui s'en va sans qu'on n'y puisse rien, des rêves de petites filles qui se confrontent à la réalité des vrais hommes et la confrontation est souvent violente. Quelques phrases du cahier de Marie résonnent encore en moi, et ce ne sont pas les plus gaies, mais elles sont belles...