Les jolis garçons, de Delphine de VIGAN

Publié le par lili

les jolis garçons Extrait de la quatrième de couverture : Prenez un homme qui aime les femmes, le corps des femmes surtout. Il a une quarantaine d’années, il est beau mais fatigué. Prenez une femme qui aime les hommes, la peau des hommes mais pas seulement. Elle va avoir trente ans, elle est jolie quand elle y prête attention, parfois on se retourne sur elle, on la dévisage, parfois elle est grise, on ne la voit pas. Trois hommes dans la vie d’Emma. Trois rencontres sur des musiques différentes, basses et douloureuses, rieuses et légères, hantées par un même motif : l’illusion. Combien de fois faut-il rejouer la fable pour être capable de s’en défaire ?

 

 

Mon avis : Delphine de Vigan n'écrit pas bien, c'est une orfèvre, qui opére sur les sentiments humains avec la précision d'un chirurgien, la délicatesse d'en dentellière et le coup droit d'un boxer poids lourd pour ce qui est de vous mettre les émotions dans tous les sens. Elle fait rimer mieux que jamais les mots avec les maux. Je ne sais pas si Delphine de Vigan a souffert par amour, mais sa narratrice sent la souffrance, elle sue de ses pores, la blessure affleure au plus près de ses mots. C'est la première fois que je lis les mots du manque de l'amour, sans le pathos, sans sentimentalisme mièvre ; les mots sonnent juste parce que les émotions, les souffrances sont réelles. J'ai été totalement bouleversée par certains passages qui décrivent ces états de douleur insoutenables que sont le manque de celui qu'on aime auquel s'ajoute l'impression qu'on ne guérira jamais, qu'on ne s'en relèvera pas. Et portant si, on s'en relève, enfin souvent, comme Emma Pile, la narratrice qui va vivre une aventure folle, amusante avec un homme surprenant. Leur histoire sera aussi drôle que les précédentes furent tristes et douloureuses.

Quelques passages...

p 65 : " Je ne suis pas triste, je suis en manque. C'est une béance de l'intérieur du corps ; qui bat : et coupe le souffle. Je m'arrête, m'observe en train de faire quelque chose, lire un journal, remplir une machine de linge sale, ou bien je suis en face de quelqu'un que je n'écoute pas . Je suis absente à moi-même, je suis ailleurs. "

p 88 : " Je suis un hérisson qui traverse la Nationale au milieu de la nuit, inconscient du danger."

p 100 : " Je suis un hérisson éventré sur le bas-côté de la Nationale."

p120 : "La vie est douce qui se charge pourtant de nos illusions. J'avais dû, en d'autres temps, rendre mon âme aux évidences. Mais on ne peut pas renoncer à tout. J'avais vu beaucoup de films et lu trop de livres."

 

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Géraldine 10/04/2011 14:05


Très beau billet, bravo, je peine à écrire le mien. N'est pas de vigan qui veut !!!


lili 12/04/2011 19:36



merci Géraldine, ça me va droit au coeur !



Liyah 12/04/2010 11:54


Je pense qu'a mon retour en France je vais acheter ce titre ! Il me tente beaucoup !


lili 12/04/2010 18:47



je te conseille ce roman, tout petit, mais très bien écrit !



pimprenelle 06/04/2010 13:03


Tu me fais regretter de l'avoir reposé la dernière fois que je l'ai eu dans les mains. Mais je pense découvrir l'auteur avec No et moi.


lili 07/04/2010 18:19



j'espère que tu vas aimer No et moi !



Ankya 05/04/2010 20:31


Oui c'est bien celui-ci. L'édition que j'ai a le nom Delphine de Vigan, mais les versions antérieures sont sous le pseudo Lou Delvig


lili 07/04/2010 18:18



Merci !



Anne Sophie 05/04/2010 16:22


après avoir lu no et moi, je lirai bien celui-ci...


lili 05/04/2010 20:15



Si tu as aimé No et moi, tu devrais accrocher avec celui-ci je pense, même si chaque roman est différent !