La vie heureuse, de Nina BOURAOUI

Publié le par lili

La vie heureuse Quatrième de couverture : " Il n'y a aucun choix à aimer une fille. C'est violent. C'est l'instinct. C'est la peau qui parle. C'est le sang qui s'exprime. Je n'ai pas choisi d'aimer Diane. C'est une loi physique. C'est une attraction. C'est comme la Lune et le Soleil. C'est comme la pierre dans l'eau. C'est comme l'été et la neige. C'est de l'histoire naturelle. Ça reste longtemps dans le corps. C'est inoubliable. C'est la grande vie. J'aime Diane, je suis milliardaire. " N. B.

 

Mon avis : J'avais découvert Nina Bouraoui, avec Appelez-moi par mon prénom, que mon amie Sylvie m'avait très gentiment prêté, et grâce à elle encore une fois, je découvre plus précisément l'univers de cet auteur qui n'en finira pas de me charmer. Ce roman répond à une structure particulière, faite d'aller retour entre Zurich, le lycée, Diane, dont la narratrice, double littéraire de Nina Bouraoui, Marie, est amoureuse, et Rennes, les vacances en famille, etc. Si cette structure déstabilise quelque peu au début, elle permet de ne pas s'engluer dans certains passages très lourds de la vie de Marie. En effet, qu'elle soit en vacances en famille, ou au lycée à Zurich, deux spectres la hantent sans cesse : la maladie de sa tante, d'une part et le cancer de l'amour de Diane, d'autre part. Car la narratrice réussit à établir un parallèle très dense entre ces deux maladies contre lesquelles on ne peut rien, que ce soit le cancer, ou l'amour interdit, en l'occurence ici, celui d'une jeune fille pour une autre jeune fille, l'un plus fragile, l'autre jouant avec les sentiments des autres. Si certains passages peuvent parfois paraître redondants ou répétitifs, ils singent justement ce qu'est l'état amoureux adolescent, entre la peur, l'asservissement, l'envie de défier le monde, la remise en questions perpétuelle. L'écriture de Nina Bouraoui, et sa poésie font de ce petit roman ( autobiographique ? La question mérite d'être posée, mais si elle doit agacer, évidemment ) un véritable bijou destiné à tous ceux qui ont aimé, souffert, pleuré... Bref, qui ont vécu des histoires, des amours. D'ailleurs, le fait que l'histoire soit celle d'une femme avec une autre ne doit gêner en rien les lecteurs réticents, car comme le dit si bien la narratrice "Il n'y a aucun choix à aimer une fille", j'ajouterais d'ailleurs, qu'il n'y a aucun choix à aimer tout court, ce qui est profondément déstabilisant, d'ailleurs, car si on n'aimait que les gens "faits pour nous", ce serait d'une tristesse, et l'art n'y survivrait pas !

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lasardine 17/07/2011 12:33


le seul livre que j'ai lu d'elle ne m'a pas du tout, du tout plu, je passe donc! en tout cas pour l'instant!


lili 17/07/2011 17:52



c'est vrai que c'est une écriture assez spéciale, à laquelle on n'adhère pas forcément, effectivement.



Philippe D 16/07/2011 21:59


Je ne connais pas du tout cet auteur. Je n'ai jamais entendu parler de ce titre. Mais il y en a tant et tant...
Bon dimanche.


lili 17/07/2011 17:55



Elle donne envie de mieux connaître la Suisse, en tout cas, c'est une impression que chacun de ses livres me donne ! bon dimanche aussi, Philippe !



Irrégulière 16/07/2011 11:19


mmmhhhh, tu le vends bien, mais je ne suis pas sûre d'aimer.


lili 17/07/2011 17:55



c'est effectivement spécial, mais j'aime ce côté écorché, tordu...