La femme du métro, de Mènis KOUMANDAREAS

Publié le par lili

  femme métroExtrait de la quatrième de couverture : Fin d'hiver dans l'Athènes des années 70. Une femme mariée de quarante ans et un étudiant de vingt ans se retrouvent tous les soirs dans le même métro. Brève rencontre, amour impossible.
Une histoire toute simple en apparence, racontée par l'un des grands romanciers grecs, Mènis Koumandarèas, qui déploie là ses thèmes de toujours : beauté de la jeunesse, hantise du vieillissement, vies gâchées, mélancolie, amertume.
Un écrivain au sommet de son art et un portrait de femme inoubliable.

 

Mon avis : Un magnifique petit roman d'environ 70 pages, que j'ai pu lire grâce à Babelio et aux éditions Quidam . Attention chef d'oeuvre ! Ce roman magnifique va vous plonger dans une rame de métro et vous faire découvrir une magnifique histoire d'amour, entre une femme de quarante ans, Koulà, et un étudiant d'une vingtaine d'années Mimis. N'attendez pas de longs épanchements, des monologues intérieurs confondants de questionnements, non, ce roman ne dure pas plus longtemps qu'un trajet en métro ( enfin presque ) et son rythme se calque à celui d'un métro, tantôt lancé à pleine vitesse dans un tunnel, tantôt freinant en grinçant vers sa destination. La langue est épurée, les lieux, les personnages et les sentiments sont étonnamment décrits en peu de mots et pourtant, ces mots nous hantent, après la lecture, on en resort, encore plein de leurs corps mélangés, des mots qu'ils se sont dits ou non... Bref, une grande et belle découverte que je recommande à tous ceux qui aiment les histoires, belles ou tristes, d'amour ou de solitude. Surtout, ne manquez pas le texte de Miche Volkovitch, à la fin du roman, "tristes transports" qui évoque merveilleusement ce roman, dont je vous livre un petit passage :

p 43-44, quand Koulà annonce à Mimis qu'ils ont une liaison depuis deux mois, Mimis s'énerve pour la première fois :

" Non, ne dis rien, poursuivit-il, mon père faisait la même chose, il était chef de section dans une banque, pour l'anniversaire de ma mère, il avait comme pense bête la remise du bilan, et ses rendez-vous avec sa maîtresse, il les notait sur l'agenda clients. [...] tous obsédés par le boulot. Ils confondent les personnes avec les turbines et les lettres de change, ils écrivent l'humanité sur des carnets d'épicier !"

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Liyah 23/05/2010 19:13


Je connaissais pas du tout ! Je note ;-)


lili 25/05/2010 18:42



Il est vraiment très beau et divinement écrit !