La cellule de Zarkane, de Joseph LUBSKY

Publié le par lili

zarkan Extrait de la quatrième de couverture :

                      Aux assises, un homme écope de vingt-deux ans de prison pour le meurtre d'une mère et de sa fille. Zarkane, l'œil noir et sec, contemple, sans le moindre signe d'émotion, ceux qui viennent de la condamner.
Une descente aux enfers qui l'amène à dérouler le fil de son histoire : celle-ci débute dans une caravane, dans un camp gitan du Sud de la France, puis dans une famille d'adoption, avant que Fernand, le parrain de la Côte d'Azur, ne décide de prendre Zarkane sous son aile, pour en faire un caïd et un homme riche.
Une vie noire et violente que cet homme envoûtant va abandonner pour ne plus se consacrer qu'à la peinture et à l'amour.
Un bonheur qui ne durera pas : les tarots de Mamma Lisa l'avaient prédit.



Mon avis : Avant toute chose, je remercie Le livre de poche et Blog-o-Book  pour cette découverte. Ce roman n'est pas vraiment un polar, selon moi, mais un roman noir, emprunt d'humanité, de sentiments exacerbés d'amour, de haine et de violence. Très rapidement, on se laisse prendre par l'intrigue, on se demande ce qui a pu arriver à ce Zarkane, dont la noirceur cache de lourds secrets. Très vite, on comprend que la chronologie des événements sera importante et permettra de mieux comprendre ce personnage si noir et si complexe : qu'a-t-il bien pu arriver à cet homme pour qu'il se retrouve dans cette cellule ? Quelle faute doit-il expier ? La narration nous fait revenir en arrière, découvrir les secrets de la naissance de Kéma, le premier traumatisme qu'il vivre dès sa plus tendre enfance, les années lumière, dans une nouvelle famille, puis les rencontres plus ou moins malsaines, la montée vers les sommets, forcément éphémère, puis la chute et la déchéance.
         Les femmes jouent un rôle clé dans l'histoire intime de Zarkane, la figure maternelle est magnifiée, sacralisée. D'où l'interrogation du début du roman : pourquoi ces deux morts violentes, quel lien entre les personnages ? Et c'est là que tout l'art du romancier, au sujet duquel nous reviendrons plus tard, se déploie, pour nous mener là où il veut, maniant avec art la chronologie, les plans, les lieux, nous perdant sur de fausses pistes jusqu'à la révélation finale, forcément surprenante, forcément noire, et surtout forcément moins manichéenne qu'on l'aurait, à tort, supposé. Ce roman se penche sur le thème de la famille, celle dont on hérite, celle qu'on se crée, celle qu'on veut fuir, celle qui nous rattrape...
         J'ai beaucoup apprécié cette lecture au rythme parfaitement réglé, dont les personnages possèdent une vraie épaisseur, et dont l'intrigue réussit à tenir en haleine. Je regrette cependant deux choses, d'une part, ce recours si fréquent aux phrases sans verbe, aux phrases d'un mot, apparemment dans le but de transcrire une urgence, d'autre part, j'aurais préféré ne pas connaître la réelle identité du romancier qui se cachait sous le pesudonyme de l'auteur et dont la mention est faite dès les premières pages. En effet, j'apprécie grandement cette personne pour ses valeurs, je respecte son travail, même s'il ne touche pas vraiment à mes goûts, mais je n'ai pas pu faire abstraction de cette identité tout au long de ma lecture, ne cessant malgré moi de me dire : "tiens, je n'aurais pas cru qu'il écrirait ce genre d'histoire" et autres présupposés certes subjectifs, mais assez compréhensibles quand on connaît l'auteur dont je tairai le nom afin de ne pas influencer les futurs lecteurs que je souhaite nombreux, car ce roman est une surprise, une bonne surprise !

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sophie 05/03/2010 11:26


coucou me revoilou!!! celui ci je veux bien le lire si tu veux bien me le preter


lili 07/03/2010 10:31


il est de côté !