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Texte Libre

Samedi 3 avril 2010 6 03 /04 /Avr /2010 14:27

histoire de mariage

Extrait de la quatrième de couverture : Pearlie pense vivre un bonheur paisible. En 1949, à San Francisco, elle a retrouvé et épousé Holland Cook, son amour d’adolescence. Holland a survécu à la guerre et refuse d’en parler. Une chose est certaine : il n’est plus le même... Le passé ressurgit le jour où un homme d’affaires, Charles Drummer, s’immisce dans la vie du couple et propose à Pearlie un étrange marché.

 

Mon avis : Avant toute chose, je remercie les éditions Points et Livraddict pour ce partenariat. J'avoue que la lecture de ce livre ne fut pas aisée au départ car il m'est arrivé quelque chose d'étrange : je pressentais que ce livre serait très beau, l'écriture m'a littéralement charmée par sa délicatesse et sa vérité, mais je n'arrivais pas à entrer dans l'histoire de cette femme "de couleur" comme il est écrit dans le roman. L'histoire est assez compliquée à résumer, et je ne le ferai pas pour ne pas dévoiler l'intérêt même de cet ouvrage, mais ça parle d'amour,  ou plutôt d'amours. Greer traite de l'amour conjugal, des amours interdites, de l'amour subi, de l'amour forcé, de l'amour filial, de l'anamour, mais aussi de la jalousie, de la traîtrise, de l'honnêteté envers soi-même et envers les autres. L'amour qui unit Pearlie et Holland est un amour au sens noble du terme, mais il faut attendre les dernières pages pour le comprendre. Tout comme on comprend la position terriblement douloureuse de cet homme Buzz. On comprend aussi que la peur de perdre celui qu'on aime peut nous amener à commettre des actes qui s'avèreront irréparables pour notre esprit, bien plus tard.

Ce roman parle aussi de la société, et de la place qu'elle accorde à la souffrance, ainsi que l'expliquent si bien ces quelques lignes, p 26 :

" Alors nous cachions nos peurs. Comme ma mère cachant une mèche des cheveux de son défunt frère sous le col haut de sa robe du dimanche, dans la poche qu'elle avait cousue. Vous ne pouvez pas aller et venir en laissant libre cours au chagrin, à la panique ; les gens vous en empêcheront, ils vous offriront une tasse de thé pour vous calmer. [...] donc vous les laissez vous calmer [ ...] mais secrètement - au petit jour -, vous cousez une poche sous votre peau. Au creux de votre gorge. De sorte que chaque fois que vous souriez, ou hochez la tête à la réunion avec les professeurs, ou vous courbez pour ramasser une cuillère, ça appuie, ça pique, ça brûle et vous savez que vous n'avez pas tourné la page. Vous n'en avez même jamais eu l'intention."
Par lili
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