Double je, de Jean-Marie CATONNE

Publié le par lili

9782350870427FS Extrait de la quatrième de couverture : " C'est tout de même de l'escroquerie, une activité de faussaire ! Pas du tout. Les faussaires en peinture s'approprient des noms qui ne sont pas les leurs. Ce sont des voleurs. On peut les poursuivre en justice. Dans le monde de l'édition, c'est l'inverse. Le nom de l'escroc figure toujours sur la couverture. " Il n'y a pas que les livres culinaires qui sentent la cuisine lorsque les éditeurs ne veulent plus entendre parler de littérature mais de livres people ou " politiques ". Les nègres sont alors monnaie courante et les écrivains en voie de disparition. Un auteur débutant, contraint de vendre sa plume pour exister, va se trouver au centre de ce jeu de dupes. Satire hilarante du milieu de l'édition, formidable miroir de notre société, Double Je nous renvoie à notre face cachée.

 

Mon avis : Pour une fois, une quatrième de couverture ne ment pas quand elle évoque une "satire hilarante du milieu de l'édition et un formidable miroir de notre société". Ce livre met en scène un "nègre", un "ghost writer", ainsi qu'on appelle ces écrivains de l'ombre, qui prêtent leur plume à des noms, sorte de partenariat littéraire malsain quand on y réfléchit bien. Certes, la pratique est courante, pas besoin d'être un ex-journaliste de TF1 pour le savoir. Néanmoins, cette pratique soulève quelques questions importantes. Dans le premier cas qui est évoqué, on découvre une candidate de télé réalité dont on veut faire écrire l'autobiographie. En soi, c'est déjà une situation comique, n'est-ce pas ? Mais ça se corse quand la candidate décide de relire les épreuves, car elle n'est pas si cruche qu'on veut le faire croire, et c'est là où Jean-Marie Catonné prend le contrepied, car on s'attend à lire l'histoire d'une pauvre Loana inculte et lobotomisée, alors que Magali /Geneviève ne l'entend pas de cette oreille, car contrairement aux autres candidats à l'autobiographie, elle lit ce qu'elle est censée avoir écrit, et impose son regard sur la vie qu'on veut lui donner.

Des passages sont vraiment très drôles, mais ils sont aussi inquiétants, car on y découvre aussi le chemin de croix des auteurs sans éditeur à qui on refuse de publier des ouvrages d'une qualité littéraire nettement supérieure à ce qui se vend parfois dans nos librairies.

 

Petit extrait : "Le service de presse travaille déjà sur l'argumentaire et les graphistes à la couverture. La promotion de l'ouvrage a plusieurs longueurs d'avance sur sa production. Je fabrique un livre vendu avant d'être né après avoir accouché d'un roman avorté par mon éditeur." p 43

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DF 07/09/2011 16:42


Quant à la couverture, elle rappelle le personnage principal du roman "Best-seller" d'Isabelle Flükiger, qui sort aujourd'hui chez Faim de Siècle, en Suisse.


lili 09/09/2011 08:19



Je ne connais absolument pas, mais je reconnais que la couverture est ce qu'il y a de plus mauvais dans cet ouvrage !



DF 07/09/2011 16:40


Un titre intéressant! Cela me rappelle les démêlés d'une auteur aspirante avec "le milieu hostile de l'édition" (cf. http://wrath.typepad.com ).


lili 09/09/2011 08:20



c'est vraiment un univers impitoyable je crois !



Noukette 29/08/2011 23:48


Intéressant oui, mais en même temps c'est presque effrayant !


lili 30/08/2011 07:15



C'est en même temps une réalité à laquelle sont confrontés quelques auteurs.



pimprenelle 29/08/2011 08:44


Je ne suis pas particulièrement tentée, ce qui n'est pas plus mal pour ma PAL!


lili 30/08/2011 07:18



Je comprends, on ne peut pas tout lire... hélas ? Tant mieux !



L'Irrégulière 28/08/2011 18:39


La couverure est moche et le jeu de mot du titre passablement commun, mais néanmoins, ça semble pas mal...


lili 29/08/2011 08:34



c'est vrai que la couverture est laide, et qu'en plus elle n'a aucun rapport avec le texte, que le titre est franchement bateau, mais l'histoire et le style sont très loin de ça !