Cannibales, de Darius SCYLLA

Publié le par lili

9782296551992 Présentation de l'éditeur : Fermer les yeux. Gagner du temps. Ne pas cesser une seconde de penser. Amasser. encore et encore. des copeaux de vie pour colmater les brèches. Les corps s'impatientent. La réalité se soulève. Plus le temps d'édulcorer, plus le temps de trier. Il faut tout prendre. Tout ce qui est là. qui affleure. à portée de mémoire. Tous ces fragments d'histoires qui. selon les êtres, les humeurs. la chance, se dégustent en gourmet, ou se vomissent en rivières. Désormais. pour cette jeune femme. il n'y a plus d'autre solution. Il faut tenir le siège. se fortifier dans ses souvenirs pour endurer l'assaut. Se battre. vouloir sans faiblir que tout ce qui devait exister existe. Le temps que ça passe. Une fois encore. Mais. de l'autre côté. le sablier se vide. Le grondement sourd des attaques se dissipe. et. bientôt. ce sera le silence. Le silence de l'élan. Celui qui fend l'air. frénétique. avant l'ultime collision.  

 

Ce billet a été rédigé dans le cadre des chroniques1.Il est difficile, parfois, d'émettre des avis négatifs sur des livres dont on sent qu'ils sont ou pourraient être bons, mais cela nous a échappé. C'est malheureusement le cas avec ce livre de Darius Scylla, qui pourtant m'avait donné très envie de le lire : la première de couverture, joliment accrocheuse avec une photographie quelque peu surannée, de jambes féminines, à l'ombre d'un soleil plombant, la quatrième de couverture, très poétique, très envoûtante... et pourtant, après le premier chapitre, j'ai découvert un aspect du style de l'auteur qui m'a profondément dérangée : l'usage quasi systématique d'adjectifs qualificatifs, à chaque nom commun. Je sais bien que c'est un détail, que ça ne devrait rien enlever au texte, mais hélas, une fois ce trait d'écriture relevé, plus moyen d'en faire abstraction. Ce n'est pas que ces adjectifs soient inadaptés, ou risibles, mais leur abondance est telle, qu'elle court-circuite le sens du texte. D'ailleurs, à la page 51, j'ai tenté d'imaginer ce que je pourrais dire de ce livre, à part la dispute entre le père et l'oncle de la narratrice, et seuls les adjectifs ont sauté à mon esprit. J'imagine que cette critique ne serait pas recevable pour un auteur, et je suis bien peinée d'en être arrivée à cette conclusion, mais malgré mes efforts, je n'ai pas pu dépasser le chapitre VII. Il me faudra reprendre cette lecture, car le sentiment d'échec est très désagréable pour la lectrice ô combien admirative de tout travail d'écriture, mais la quasi absence de trame narrative me décourage à l'avance.

 

 

 

RL2011b                                                                                                  13/14

             

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D. 02/12/2011 15:57

La question n’est pas de savoir si l’on est capable de produire la même chose, ou seulement le quart de sa moitié. Beaucoup d’auteurs (quels que soient leurs mediums) suscitent l’admiration par
l’ampleur de leur travail, ce qui ne les empêche pas d’être de fins escrocs. L’auteur a des devoirs, le lecteur qui propose un sentiment sur une œuvre doit en avoir également. Assumer ses mots est
l’un d’eux (avec un avantage notable pour le lecteur, celui de pouvoir revenir sur les siens). La seule chose qui puisse vous être reprochée c’est la volonté de vouloir argumenter, sans vraie
conviction, une incapacité (légitime ou pas, peu importe) à entrer dans un récit. Vous seule vous imposez un devoir de positionnement. Parfois les choses nous échappent, et c’est ce qui les rend un
peu attrayantes. Mieux vaut peut-être alors les laisser filer, plutôt que d’essayer de les confiner dans une petite armoire, composée de sentiments francs, entiers, et identifiables.
Enfin, chère Lili, tout cela est sans grande importance. Et vous ne devriez pas vous tourmenter pour si peu.

lili 04/12/2011 11:16



je suis une grande tourmentée, vous savez, et on m'a recommandé de retenter l'expérience car je devrais être agréablement surprise. Je sais, je sens que ce roman a quelque chose mais j'ai dû le
lire au mauvais moment, peut-être : j'ai connu quelques rendez-vous manqués pour ce genre de détails, et j'ai regretté ( enfin, vous me comprenez ), longtemps après, une fois que j'avais réussi à
entrer dans l'oeuvre, d'avoir pu passer à côté à une époque.



D. 01/12/2011 17:31

Vous avez bien raison de ne pas craindre la réaction de l'auteur. Une critique n'a pas vocation à être péremptoire, ni universelle. Conservez-votre fraîcheur, c'est de loin le bien le plus
précieux, et le plus évanescent.

lili 01/12/2011 19:54



Si justement, je la crains un peu cette réaction, dans le sens où je sais que je suis bien incapable d'écrire le quart de la moitié de ce qui est écrit... Je n'ai pas de vrais arguments pour
justifier ce rejet, et ça m'ennuie profondément.



Philippe D 26/11/2011 07:40

Je t'ai taguée aujourd'hui. Tu y réponds si tu veux. Bon weekend.

lili 27/11/2011 18:15



merci Philippe, je vais essayer de trouver du temps, parce qu'en ce moment, z'est le bordel (oups; pardon pour le gros mot !)



L'Irrégulière 24/11/2011 14:25

en même temps on ne peut pas toujours avoir des coups de coeur !

lili 27/11/2011 18:16



non, et en général, je déteste écrire des billets négatifs, non pas que j'aie peur de la réaction de l'auteur, mais c'est un peu une question de respect. Je me dis que je suis bien incapable d'en
faire autant...