Cal-fat, d'Eve DERRIEN

Publié le par lili

9782915438352FS Présentation de l'éditeur : Voici un texte d'une grande impudeur. Il restitue, sous la forme d'un journal intime, la plongée dans l'enfer de la passion amoureuse placée sous le signe de la manipulation et des rapports de force. La narratrice, ensorcelée, vit en état de sidération, suspendue aux signes aléatoires et aux témoignages sporadiques que l'aimé lui consent. Ils forment, elle et son amant, un couple terrible : c'est la violence seule et une violence des plus retorses qui régit leurs rapports. L'intérêt du texte réside dans le relevé clinique qu'effectue la jeune femme : elle note, sans recul, au plus près des sensations brutes, la progression du mal, l'oscillation constante entre exaltation et désespoir. La crudité de ses notations est stupéfiante. Il se trouve que l'héroïne est aussi un sacré personnage : elle se débat comme une enragée, éructe, crache sa haine, surmaudit avec la dernière énergie et son journal est un concentré de verve mordante et vacharde quand il n'est pas poignant. Elle est féroce, sarcastique envers elle-même, comme envers l'élu. Elle ne s'abandonne pas ou seulement pour se reprendre aussitôt mais sa cruauté et sa défiance ne la protègent pas et elle sombre. Un texte percutant, décapant, qui réussit le tour de force de distiller des éclats comiques en plein cœur de la tragédie.

 

Mon avis : Tout m'attirait dans ce roman, surtout la présentation de l'éditeur. Je m'attendais à un texte fort, évoquant sans concession les tourments de la passion amoureuse et charnelle, usant d'une langue assez aiguisée pour dire les souffrances physiques et psychologiques liées à la dépendance amoureuse. Si je reconnais que ce texte n'est pas désagréable à lire, qu'il décrit plutôt objectivement ce que peut être un regard purement subjectif sur une situation plutôt commune, je reste assez déçue par le ton général du texte, qui manque de la crudité inhérente à ce qui est la dépendance sexuelle ou affective. Les mots de la narratrice sont quelque peu aseptisés, selon moi, car le recul pris sur la situation empiète sur la narration ( alors même que l'éditeur parle de "note sans recul", mon impression est exactement le contraire ). La situation de domination est clairement évoquée, mais les sentiments de la narratrice sonnent parfois faux, on n'imagine mal sa colère, sa déception, sa détestation pour cet homme. Les mots restent en-deça de ce que la situation implique nécessairement. Le coup de poing à l'estomac se fait attendre, et je n'ai nulle part trouvé de "crudité", ni de "débat d'une enragée qui éructe", et c'est cependant ce à quoi je m'attendais en lisant ce livre, au demeurant intéressant et agréable à lire, mais dont la présentation de l'éditeur ne me paraît pas du tout correspondre au roman que j'ai lu.

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L'Irrégulière 16/06/2011 11:22


Ah mince... ça avait l'air pas mal pourtant !


lili 17/06/2011 17:46



Oui, j'avais bien accroché sur le thème et l'objet, mais un peu trop fade à mon goût ! je suis trop passionnée, je crois.