C'est ici que l'on se quitte, de Jonathan TROPPER

Publié le par lili

c'est iciExtrait de la quatrième de couverture : Qu'y a-t-il de pire que d'enterrer son père ? Réponse : passer la semaine qui suit enfermé avec sa propre famille de dingues... Morton Foxman s'en est allé. Mais avant de mourir, il a exprimé une dernière volonté : que sa famille célèbre la shiv'ah. Sept jours de deuil, ensemble, sous le même toit. Une perspective peu réjouissante pour ce clan qui ne s'est pas retrouvé ainsi réuni depuis... depuis quand déjà? Judd, qui nage en pleine déprime après avoir découvert sa femme en flagrant délit d'adultère, s'apprête à vivre ce qui pourrait être la pire semaine de sa vie. Il rejoint sa mère, aux talons et décolleté vertigineux; sa soeur Wendy accompagnée de ses gosses hyperactifs et de son mari continuellement scotché à son BlackBerry; son frère aîné, Paul, atrabilaire, et sa charmante épouse, avec qui Judd a pris un peu de bon temps par le passé; et enfin Phillip, le vilain petit canard, qui se fait aussi rare que discret sur ses activités... Des caractères diamétralement opposés contraints de cohabiter pendant sept jours et sept nuits. Les non-dits, les rancoeurs couvent. Et chacun de prendre sur lui pour ne pas péter les plombs. Famille, je vous hais! Heureusement, il y en a au moins un qui n'est plus là pour voir ça...

Mon avis : Plutôt que le "Famille je vous hais", proposé sur la quatrième de couverture ou le sartrien : "L'enfer, c'est les autres", je proposerais, pour résumer cet excellent roman : "L'enfer, c'est les nôtres". En effet, on souffre par ceux que l'on aime ou que l'on est censé aimer, et c'est le cas du pauvre narrateur, Judd, dont la vie s'apparente à un chemin de croix. Tout au long du roman, il semble descendre inexorablement les marches qui le séparaient de l'Enfer ; chaque jour se lève avec son lot d'amertume, de désolations, de désillusions... Mais tous ces épisodes ne sont pas tristes, au contraire, ils nous sont racontés avec beaucoup d'humour, frisant parfois carrément l'absurde ! Dans ce roman, le sexe joue un rôle dominant et semble être la cause de tous les malheurs des protagonistes, ainsi que la question de la descendance qui en découle dans ce roman. Certains se reproduisent sans le vouloir, d'autres peinent à avoir un enfant, un jeune futur divorcé  en pleine dépression et doutant de son sex appeal se retrouve au lit avec deux femmes différentes et à quelques heures d'intervalle, sans avoir rien cherché. Ce même homme raconte une scène d'infidélité qui devrait être effrayante si elle n'était pas aussi drôle... Malgré quelques longueurs dans le derniers tiers du roman, j'ai été enchantée par cette immersion au sein d'une famille pleine de surprises, de défauts et d'incohérences et j'ai déjà hâte de lire d'autres romans de cet auteur à la plume à la fois légère et incisive !

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Moka 12/02/2010 18:41


J'aime beaucoup le titre...Et ton billet d'ailleurs.


lili 12/02/2010 19:09


Le livre est à la hauteur du titre, mais c'est un gros bouquin quand même !